Essai LAMBORGHINI Aventador Ultimae
Cédric Pinatel le 08/08/2022
Après plus d'une décennie passée à faire rêver tout le monde, la Lamborghini Aventador nous livre son chant du cygne dans sa bien nommée version Ultimae. Pourvu que l'avenir de la marque soit aussi excitant que cette incarnation du fantasme automobile absolu !
N'arrêtons jamais de rêver
Salon de Genève 2011. Lamborghini lève enfin le voile sur sa nouvelle grande voiture de sport. Après une Murcielago unanimement saluée pour sa beauté sculpturale et ses performances, le constructeur italien parvient à faire encore plus fort avec sa nouvelle Aventador. Non seulement elle bat la Ferrari 599 GTO de l'époque en puissance grâce à un nouveau V12 atmosphérique de 6,5 litres développant 700 chevaux, mais elle affiche aussi des lignes époustouflantes. Même les nostalgiques de la Countach restent bouche bée ! Forte d'une monocoque carbone du dernier cri et de suspensions dignes d'une vraie voiture de course (doubles triangles et poussoirs), cette supercar restera au catalogue encore plus longtemps que la Diablo et la Murcielago. Au fil des ans, elle a fatalement été rattrapée par les Ferrari et les McLaren les plus récentes en terme de performances et de technologie. Mais pour faire rêver les enfants et les passionnés d'automobile de tous les âges, on vous met au défi de trouver une machine plus efficace que l'Aventador.
780 chevaux en apothéose
Ultime évolution de l'Aventador, la bien nommée Ultimae pousse la puissance de son V12 à 780 chevaux, soit 10 de plus que sous le capot de la radicale SVJ. Il s'agit d'un record de puissance pour ce V12, seulement égalé par celui des Sian FKP37 et autres Countach LPI 800 en éditions ultra-limitées (encore plus puissantes grâce à un petit moteur électrique en renfort). Par rapport à l'Aventador SVJ, l'Ultimae opte pour des réglages de suspension moins fermes et fait l'impasse sur les équipements les plus extrêmes : pas de système aérodynamique actif « ALA », un châssis plus lourd de 25 kg et une présentation très proche de celle de l'Aventador S à la vocation plus « grand tourisme ». Si elle peut battre la terrible Ferrari 812 Competizione de 830 chevaux sur le 0 à 100 km/h (2,8 secondes) grâce à sa transmission intégrale, elle se fait décrocher un peu à haute vitesse (0 à 200 km/h en 8,7 secondes contre 7,5 à la Ferrari). Et l'Ultimae compose toujours avec une boîte à simple embrayage, lente et désagréable en mode automatique, là où ses rares concurrentes disposent toutes d'un système à double embrayage. Alors, dépassée la grosse Lambo ?
Du rêve à tous les niveaux
Pas du tout. Partez d'abord du principe qu'il n'existe aucune automobile aussi impressionnante à contempler sur le marché actuel. Dites-vous ensuite que rouler dans la vie de tous les jours avec un tel monument d'extravagance ne pose pas tant de problème que ça. Sur autoroute en dépassant à peine les limitations de vitesse, la consommation descend sous les 13 l/100 km et on la trouverait presque confortable sur de longs trajets. En ville, le système de levage du train avant permet de passer les dos d'âne les plus menaçants sans détruire la lèvre de splitter en carbone et finalement, on s'habitue sans problème à rouler dans cette machine dessinée comme un avion de chasse. Mais ça, c'est pour les à-côtés de la véritable expérience routière en aventador Ultimae. Car une fois sur une route au profil compatible avec le gabarit de la bête - la Gineste entre Marseille et Cassis, par exemple - conduire une Aventador Ultimae devient subitement la chose la plus excitante de toute votre vie. Pourquoi ? D'abord parce que sous ses airs monstrueux, cette Lamborghini cache un comportement dynamique particulièrement docile. Rapprochez-vous des limites et vous ne sentirez qu'une pointe de sous-virage, combattue avec vigueur par les roues arrière directrices et une transmission intégrale moins paresseuse que sur les premières versions de l'Aventador. Quant à la boî te, elle devient bien plus rapide - et brutale - en conduite sportive une fois le mode manuel activé. La motricité et la facilité de pilotage sont telles qu'on supprime vite les aides à la conduite, en totale confiance dans une auto de 780 chevaux et 720 Nm qui ne génère aucune ruade : pour mettre le train arrière en glisse, il faut vraiment la brutaliser comme un malpropre !
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Le rupteur sinon rien
La pièce centrale de cette expérience reste naturellement le moteur, dont chaque balayage du compte-tour jusqu'aux 8 700 tr/min du rupteur produit un spectacle sensoriel proche du terrifiant. Et si vous optez pour la version Roadster, entendre raisonner sans toit le V12 en zone rouge contre la paroi rocheuse d'une route côtière se rangera parmi les souvenirs les plus forts de toute votre vie. Sans atteindre les records d'accélération des supercars les plus modernes, les mises en vitesse vertigineuses et cette étonnante facilité de pilotage ne font rien non plus pour vous donner envie d'arrêter de jouer avant de vider totalement le réservoir. Malgré ses 85 litres de contenance, il se tarit de toute façon très vite à ce rythme puisque la consommation dépasse alors les 40 litres aux 100 kilomètres. Les 350 exemplaires de l'Ultimae Coupé et les 250 exemplaires du Roadster ont tous déjà été vendus et Lamborghini nous promet que la remplaçante de l'Aventador, attendue pour 2023, sera encore plus belle. Elle recevra un tout nouveau V12 atmosphérique, accouplé à une boîte plus efficace et à un moteur électrique, dont la puissance pourrait dépasser les 1000 chevaux. On tremble rien qu'à l'idée de savoir si elle fera autant rêver que cette Aventador Ultimae
À retenir
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20
- Accélération
- Reprises
- Direction
- Agilité du châssis
- Position de conduite
- Commande de boîte
- Etagement de la boîte
- Adhérence
- Freinage
- Equipements de
sécurité
- Habitabilité
- Volume du coffre
- Visibilité
- Espaces de rangement
- Confort de suspension
- Confort des sièges
- Insonorisation
- Qualité (matériaux, assemblage, finitions)
- Rapport prix/prestations
- Tarif des options
- Consommation