- RASSEMBLEMENT
- LOUIS VUITTON CLASSIC 2002
Louis Vuitton Classic 2002
Le Louis Vuitton Classic n'a pas manqué à sa réputation d'éminente manifestation internationale de voitures de collection. Le millésime 2002 s'est même révélé particulièrement excellent. Toutes les voitures exposées présentaient un vif intérêt à titre ou à un autre : design, technologie, rareté, état de conservation ou restauration, historique, etc. Une preuve ? Un exceptionnel parterre de Ferrari 250 GTO ne réunissait pas moins de sept exemplaires du modèle à l'occasion de son quarantième anniversaire. Le public pouvait admirer quatre berlinettes Scaglietti représentantes du modèle originel de 1962 et trois exemplaires différents : la 4713, carrosserie unique de 1963 due à Pinin Farina, la 5573, deuxième des trois voitures construites en 1964 avec une carrosserie style 250 LM, et la 4091, l'une des quatre GTO de 1962 recarrossées chez Scaglietti avec la robe de 1964.
Comme le veut la tradition, la pelouse d'honneur de l'orangeraie de Bagatelle accueillait une exposition de véhicules hors-concours. Voitures d'artistes pour l'an dernier, machines illustrant la Femme et l'Automobile en 2000, ce cadre prestigieux reçoit toujours un plateau d'automobiles de premier plan. Cette année, le thème retenu se voulait un " hommage aux belles américaines : cent ans de design automobile à travers six pièces d'exception ".
Hélas, au regard de cette pompeuse annonce, c'est la moitié du plateau qui était hors sujet. Quelle mouche a donc piqué les organisateurs de la manifestation pour introniser sur l'Olympe du design automobile une Ford T, une monoplace d'Indianapolis à moteur Offenhauser et une Buick Regal de 1983 ?
Que la Ford T soit une voiture attachante et qu'elle ait joué un rôle historique majeur ne saurait être contesté. Mais que cette vilaine araignée noire, déjà abusivement proclamée voiture du siècle, puisse passer sur la pelouse de Bagatelle pour un parangon de beauté relève proprement du canular. Quant à la Kurtis Offenhauser, elle affiche la ligne banale d'une Indy car de son époque. Et la Buick Regal incarne le design peu inspiré des années 80.
Si les voitures pouvaient parler, nous aurions demandé à la Duesenberg J, somptueux chef-d'œuvre des années trente, à la Cadillac Eldorado Biarritz 1959, sommet du délire esthétique d'Harley Earl, et à la sublime Ford GT 40, ce qu'elles pensaient de ce voisinage aussi invraisemblable qu'incongru.
Plus intéressant apparaissait l'espace dédié aux concept cars, qui avait émigré cette année du recoin où ils étaient habituellement confinés vers les feux de la rampe - l'entrée du village VIP. On pouvait découvrir, ou revoir, ces voitures de rêve dévoilées à l'occasion des derniers salons automobiles (2001 et 2002) : la Renault Talisman, un coupé GT à moteur V8 Nissan, dernière création de la marque au losange, la Mercedes F 400 Carving, un roadster dont l'angle de carrossage des roues peut être modifié jusqu'à 20 degrés, deux superbes réalisations de Giorgetto Giugiaro, l'Alfa Romeo Brera et l'Aston Martin Twenty Twenty, la Cadillac Cien, dont le V12 Northstar de 7,5 litres développe 750 ch, le cabriolet de loisirs quatre places Mitsubishi S.U.P, les Peugeot RC Pique et Carreau, ainsi que la BMW CS1.